À la recherche d’une ardoise vierge — Michael Zhan à Jingdezhen
Ce gaiwan a pris forme par un matin humide d’avril dans la banlieue est de Jingdezhen, dans un petit atelier qui prépare encore son propre kaolin à partir du village voisin de Gaoling. Michael Zhan, notre spécialiste en approvisionnement et sourcing, avait passé la semaine précédente à visiter sept ateliers différents, un carnet rempli de journaux d’infusion comparatifs en main. « Nous voulions un récipient qui n’ajoute rien et n’enlève rien », se souvient-il, un des derniers échantillons tests à la main. « Un gaiwan qui ne s’interpose pas dans le thé. »
À chaque étape, il infusait le même lot de Bái Hóo Yín Zhēn de 2025 et un Tǐ Guān Yīn légèrement torréfié, en dégustant pour déceler tout changement de texture ou d’arrière-goût. La plupart des porcelaines conservaient une légère minéralité d’argile ; quelques-unes arrondissaient les contours de la liqueur. Le lot qui est devenu ce produit a été le seul à produire des tasses identiques au témoin (un récipient en verre de qualité laboratoire). Le potier, un artisan de la deuxième génération, cuit ses gaiwans à 1300°C pendant seize heures, obtenant une porosité quasi nulle avec un son serré et cristallin au choc.
Michael a délibérément choisi le format 90ml — assez grand pour une tasse à arôme complète, assez petit pour tenir dans une main sans fatigue lors de longues sessions d’étalonnage. Le pied non émaillé est un choix pratique, offrant une bonne prise même avec les doigts mouillés. Chaque gaiwan présente de minuscules variations dans le jeu du couvercle et l’épaisseur du bord, une signature de la finition à la main qui témoigne de l’artisanat plutôt que d’une uniformité industrielle.