En provenance du four de Dingshu
J’ai découvert les ateliers de Dingshu au printemps 2025, en déambulant dans d’étroites ruelles où flottait une odeur d’argile humide et de fumée de pin. L’argile zhuni y est légendaire — une zisha dense et riche en fer, utilisée à Yixing depuis des siècles. Cette théière xishi a été tournée par un potier de troisième génération dont la famille travaille le même filon d’argile depuis la dynastie Ming.
Je l’ai regardé presser l’argile souple, d’un ton orangé, pour en faire une plaque, puis la façonner sur un tour que son grand-père avait construit. La forme xishi tire son nom de l’antique beauté Xi Shi — ronde, souple, féminine. Avec ses 80 ml, c’est une merveille pour une session en solo. Le couvercle s’ajuste avec une aspiration douce comme un murmure, signe d’un artisanat de maître.
Après le façonnage, la théière a séché au soleil pendant deux semaines avant d’entrer dans le four dragon. La cuisson en réduction fait ressortir la patine rouge orangé caractéristique du zhuni, qui s’approfondira avec l’usage. Chaque théière porte une minuscule marque sous le fond — la signature du potier — et une légère odeur de fumée qui disparaît au premier rinçage.
J’en ai rapporté une douzaine à notre entrepôt, enveloppées dans du papier de riz. Celle-ci est le meilleur du lot : le bec verse un jet net et arqué sans une seule goutte, et l’anse tient bien en main. J’utilise la mienne au quotidien avec des oolongs floraux ; le thé en ressort plus rond, plus doux, sans cette âpreté métallique que l’on obtient parfois avec la porcelaine. Une théière qui a déjà l’air d’être une amie.