Sélectionnée à la main dans les ateliers d’argile de Jianshui
J’ai trouvé cette théière lors d’une visite aux fours de Jianshui au début de l’automne 2024. La ville se situe sur un plateau à 1 320 mètres d’altitude, entourée de collines où l’argile violette riche en fer est extraite depuis des siècles. Les poteries de Jianshui sont plus denses et plus lourdes que celles de Yixing — elles absorbent la chaleur plus lentement et la conservent avec un rythme régulier, presque délibéré. Cela les rend particulièrement adaptées au pu’er de vieux arbres, qui apprécie une température douce et soutenue plutôt qu’un coup de chaleur rapide.
Le potier qui a réalisé cette pièce tient un petit atelier familial en périphérie de la ville. Il utilise un mélange d’argiles extraites localement — un corps violet, une fine barbotine grise, et une technique de décor à la barbotine issue de la poterie populaire du Yunnan. Chaque théière est tournée à la main sans moule, puis cuite dans un saggar à 1,200°C pendant plus de seize heures. L’intérieur reçoit une fine couche de glaçure naturelle à la cendre, laissant l’argile poreuse mais suffisamment lisse pour n’importe quel gâteau de pu’er.
J’ai sélectionné ce lot de théières de 100ml pour leur équilibre compact et leur manière de verser — un filtre large à sept trous et un bec net et sans gouttes. Chacune présente de légères variations de polissage et de texture, si bien qu’aucune n’est tout à fait identique. Elles me rappellent pourquoi je reviens toujours à Jianshui : pas seulement pour la tradition, mais pour la sensation tranquille d’une théière qui fait son travail sans attirer l’attention sur elle-même.